Thibaut Derien
derien Thibaut Derien est un flâneur. Un type qui marche le nez au vent. Auteur, chanteur, photographe à ses heures, c’est comme ça qu’il écrit ses chansons, en marchant.

D’abord, il y a une photographie. C’est une façade carrée. Une maison fermée, peut-être abandonnée. Elle est jolie, un peu triste. Ensuite, il y a une deuxième façade. Close, elle aussi. Toujours jolie, toujours triste. Muette. À la photographie suivante, ça y est: avec la troisième façade se dessine une ruelle et, à mesure que le spectateur avance dans l’exposition, c’est toute une ville qui apparaît peu à peu. Une ville fantôme. Et le spectateur devient promeneur, seul dans les rues désertes.

Que s’est-il passé? Nul ne le sait. Ni Thibaut Derien, son urbaniste photographe, ni le spectateur. Quelle est cette ville? Où sont-ils tous? Que nous cache-t-elle? Préfigure-t-elle un cataclysme écologique à venir? Un exode? Ou n’est-elle que le reflet de nos modernes solitudes intérieures. « J’habite une ville fantôme » n’apporte aucune réponse. Peut-être est-ce elle qui nous habite, après tout.
Texte d’Éric la Blanche

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